Tous les propriétaires de chiens ont entendu parler du ver du cœur, mais plusieurs se demandent s’il est encore pertinent de traiter préventivement son animal contre cette maladie.

Qu’est-ce que le ver du cœur?

Comme son nom l’indique, ce ver appelé Dirofilaria et mesurant 30 cm de long vit à l’intérieur du cœur et des artères pulmonaires et peut y survivre jusqu’à cinq ans. La contagion est possible par des larves microscopiques qui sont transmises par les maringouins. Ce (charmant!) moustique pourra injecter dans le sang de votre chien de une à trois larves provenant d’un autre canidé porteur. Les larves prendront environ six mois pour se transformer en ver adulte, qui sera prêt, à son tour, à pondre des milliers de larves en circulation sanguine.

Cette maladie évolue lentement et le chien affecté peut présenter des symptômes parfois deux ans seulement après la transmission par le moustique. On remarquera de la toux profonde plus marquée pendant l’exercice, de la fatigue, une perte de poids et d’entrain et dans les cas avancés, des signes d’atteintes hépatiques et rénales souvent mortelles.

Un problème réel au Québec 

Chaque année, de 30 à 90 nouveaux cas sont rapportés dans une enquête postale volontaire effectuée auprès des vétérinaires québécois. Cela peut sembler peu, mais il faut savoir que seulement 100 000 chiens sur les 800 000 toutous vivant au Québec seraient traités préventivement. Il y a donc de fortes chances que plusieurs autres chiens, particulièrement ceux vivant à la campagne, soient porteurs de ce ver sans que personne ne puisse le démontrer étant donné l’absence d’examen de tous ces animaux. Par ailleurs, une étude de la Dre Sylvie Fortier de la Faculté de Médecine Vétérinaire de Saint-Hyacinthe effectuée il y a une dizaine d’années, rapportait que 10% des coyotes québécois étaient infectés. Ce nombre ne peut qu’augmenter avec les années et cet animal, comme le loup, est une importante source de contagion surtout en milieu rural. 

Un chien malade est-il condamné? 

La plupart des chiens testés positifs peuvent être traités avec succès. Cependant, ce traitement n’est pas sans risques. Le chien peut développer des complications pendant le traitement qui requiert une hospitalisation et un suivi serré. En plus du risque pour la vie de l’animal, les coûts élevés reliés au traitement curatif nous rappellent encore que la prévention reste toujours la meilleure option. 

La prévention 

Il est important de comprendre que la médication administrée aux chiens éliminera les larves dans le sang peu de temps après leur transmission par les moustiques.  On les traite donc mensuellement du début juin jusqu’au début novembre pour s’assurer de couvrir la période du mois précédent l’administration du médicament. Ceux-ci existent maintenant sous plusieurs formes, soit en comprimés à croquer, soit sous forme liquide dans une petite fiole que l’on applique sur la peau du cou ou alors en injection. La médication contre le ver du cœur est souvent aussi efficace contre les vers intestinaux et peut aussi, selon le cas, être capable de prévenir les puces en même temps. 

Vous n’êtes pas à l’abri!

Plusieurs cas de dirofilariose humaine ont été rapportés. Le ver peut se loger sous la peau mais souvent dans les poumons. Sur une radiographie, le nodule formé peut être confondu avec une masse suspecte d’origine cancéreuse. Heureusement, il n’y aucune conséquence pathologique pour les humains autres que de la toux et du stress. Mais pourquoi prendre le risque de contracter cette maladie quand ont peut la prévenir facilement en traitant nos chiens chaque année, à défaut d’éliminer tous les maringouins du Québec!

Source : Petitmonde.com